Ce que j'aimerais te dire - Après la stupeur, place à la colère!
Après la stupeur, cette prise de conscience sur toi, notre couple, apparait la colère. Contre toi, qui ne veut que mon bonheur. Pourtant, avec ta maladresse, et je pense sans vouloir me blesser, tu me rabaisses, tu me fais culpabiliser, tu me fais sentir comme une merde. Chaque fois que tu me demandes s'il y a quelque chose qui ne va pas, que je te réponds "oui", mon coeur s'emballe, car j'hésite à t'en parler, car je sais exatement ce que tu vas me répondre.
Quand ça ne te concerne pas, celà te semble minime, tu rationnalises, envolées les émotions, à croire que tu ne connais pas ça. Une énième prise de tête dans ma tête, parfaitement inutile. Pas un seul instant tu me demandes pourquoi, ça me blesse, ou ça m'énerve, ce que je ressens. Mais tu es comme ça, et je le sais, et je n'y changerai rien, c'est normal. Tu parles de ma fragilité, que je dois passer à autre chose.
Le pire, c'est quand ça te concernes. Plusieurs fois, je t'ai dis que je ne voulais pas t'en parler, car je savais exactement ce que tu allais me répondre, et que ça m'énerverais encore plus. Tu me dirais que c'est nul, inutile, débile, exagéré, que c'était n'importe quoi. Mais tu insistais, alors je finissais par t'en parler, et tu me disais exactement ça, comme d'habitude, ce qui envenimait tout. Pas un seul moment il ne te vient à l'esprit de me demander pourquoi je te dis ça, pourquoi je ressens ça, pourquoi ça m'a blessé, même si à toi ça te paraît dérisoire. Pas un seul instant tu t'es dis que si ça me mettais dans cet état, c'est que pour moi, ce n'était pas dérisoir. Non, ce n'est que broutille. Encore un de mes trucs où je me prends la tête inutilement. Et même quand j'essaye de t'expliquer pourquoi ça me blesse, je suis face à un mur de rationnalité, incapable de comprendre, et trouve ça donc, cette fois-ci, totalement inutile ou débile que ça me blesse ou m'énerve. Ce que je ressens, est donc inutile, stupide, incompréhensible.
Au bout d'un moment, je finissais par m'en convaincre. Après tout, je suis quelqu'un avec qui il est difficile de vivre. Des fois tu me dis : "Tu te rends compte de la patience que je dois avoir avec toi? Comment je dois prendre sur moi?" Cette façon que tu as, inconsciemment, du moins je l'espère car je te découvre toujours petit à petit, de me rabaisser, de me faire culpabiliser car après tout, je te suis redevable, car tu me supportes.
Comme la semaine dernière, je ne sais plus pour quelle raison exactement, tu m'avais vraiment énervé. Petite prise de tête et haussement de voix, assez rapide, car ça ne sert à rien d'insister. Un quart d'heure après, tu me demandes s'il y a quelque chose qui ne va pas. Je te réponds par l'affirmative. Tu me demandes ce qu'il y a, et je te dis, à ton avis, par rapport à tout à l'heure, je n'ai pas encore digéré. Et tu me réponds, avec une légèreté et un geste du bras signifiant une futilité, "Ah si ce n'est que ça, c'est pas grave alors". Et tu passes à autre chose. Une belle giffle. Pour toi, comme c'est insignifiant, ça ne te traverse même pas l'esprit d'essayer de comprendre ce qui se passe vraiment dans ma tête, pourquoi je ne digère pas. C'est passé, c'était débile, alors à quoi bon rester là-dessus?
Et puis, je suis bordélique, je ne range rien, je laisse toujours traîner mes affaires partout. C'était avant, maintenant, j'essaye de faire des efforts, de ranger au fur et à mesure, mais tu ne me dis rien. Les seules choses que tu me dis, ce sont les critiques à apporter, quand tu t'énerves et que tu me dis que je fou le bordel partout, car oui, des fois, quand il rentre le soir, je n'ai pas tout bien rangé, et il n'y a que ça, qui ressort. Du coup, je deviens anxieuse, une anxiété vive à l'approche de la fin de la journée. Je vérifie que rien ne traîne, plusieurs fois, pour être sûre. Si j'ai oublié un truc, je m'en excuse et me dépêche de le faire, s'il reste de la vaisselle, je lui dis de ne pas la faire, je vais la faire, non non, ne la fais pas, je vais la faire! Si je laisse traîner quelque chose, je te préviens, je me justifie pour quelle raison je la laisse là, et te demande si ça ne te dérange pas. Des fois, tu rentres plus tôt que prévu, et panique à bord, je n'ai rien fais! Je me suis quand même améliorée depuis, je le lui dis, et il me réponds, comme toujours un "oui, mais...". Ce fameux "Oui, mais..." qu'il me sort en toutes circonstances, même quand j'ai des nouvelles trop géniales à lui annoncer, et que j'attend en retour de la joie, ou des félicitations, ou des trucs comme ça. Mais non. "C'est cool, mais...".
Alors non, ce n'est pas un tyran même si je semble le décrire ainsi. Il ne dit rien, me dit pas de soucis, ça ne me dérange pas, blablabla. Sauf quand ça chauffe sévère entre nous, il me mets tout ça dans la gueule, tout, avec un, "mais tu te rends compte comment je prends sur moi? Pour supporter tout ça?".
Pas de compliments, la critique est plus facile.
Maintenant, je te demande, quand j'ai envie de faire quelque chose, à plusieurs repreprises pour être sûre, si ça ne te dérange pas, si tu ne me le ressortiras pas dans la tronche dans quelques semaines? tu es sûr????
Qu'est-ce que j'aimerais en discuter avec toi, à tête reposée. De tout ça.
Mais toute discussion est impossible, je sais exactement ce que tu vas me dire. Tout ne va que dans un sens, c'est moi qui merde. "'C'est inutile", "C'est débile", "C'est insignifiant", "C'est exagéré". Et ça me blesserais encore plus, m'enfonçanat dans ma frustration de ne pas réussir à être comprise. Je sais que, pour quelqu'un comme toi, ce n'est pas forcément facile de vivre avec quelqu'un comme moi, qui vit et ressens des émotions fortes, qui ai une telle sensibilité émotionnelle, vu que tu es tout l'inverse. Et c'est frustrant, les petites rancoeurs commencent à s'amonceler. C'est pourquoi maintenant, quand tu me demandes si quelque chose ne va pas, je réponds juste que je suis fatiguée. Tu me trouves irritable en ce moment. Je te dis que je suis juste fatiguée. Je n'ai pas envie de parler avec toi.
Maintenant, je prends conscience de tout ça. Petite révolution interne.. Effectivement, je ne serai jamais la personne que tu aimerais que je sois, je serai toujours sensible, vivant et me nourrissant d'émotions vives. Plus de culpabilité, fini l'idole, l'Être suprême qui arrive à me supporter. On est égaux, au même niveau. Basta.
Je ne me rappelle plus ce qui nous a réuni, ce qui a fait de nous un couple, avant que tout déraille. C'est là-dessus qu'il faut que je me concentre, si je veux faire tenir ce couple, si je veux réussir à fortifier ce lien, autre que celui de notre fils.
Je ne sais plus ce qu'il reste de nous. Ce que je ressens, n'est plus que colère, rancoeur, dégoût. Ce genre de ressenti que tu sembles incapable de ressentir.
Quand je serai enfin parvenue à redevenir moi-même, quand je cesserai de me détester vraiment, et de t'idôlatrer autant, toi l'être sûprème qui me supportes, je verrai sûrement ce qu'il reste de nous. Et je n'en ai aucune idée.
Tu prens sur toi, t'es vraiment patient avec moi. Et moi, tu crois quoi, tu penses être irréprochable? Tu ne penses pas un seul instant que des fois tu me fais réellement souffrir, que tu m'énerves vraiment? Que, toi aussi tu as des défauts qui m'agacent de plus en plus? Que je dois faire preuve d'une putain de patience également?
Heureuement que je garde, dans un coin de ma tête, la certitude que tu m'aimes, (enfin, pour quelles raisons? ça reste un mystère au vu de tout les défauts que j'ai), et que tout ça, tu ne le fais pas volontairement. C'est ton caractère, tu es comme ça. Au début de notre relation c'était dur, passé un certain temps je m'y suis faite, mais au bout de plusieurs années, je ne supportes plus.
Alors pour l'instant, c'est une période de distance certaine, de mensonges, "oui tout va bien je suis juste fatiguée", de routine traînante.