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Ma vie "relativement" ordinaire
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30 mai 2021

Ce que j'aimerais te dire - Après la stupeur, place à la colère!

Après la stupeur, cette prise de conscience sur toi, notre couple, apparait la colère. Contre toi, qui ne veut que mon bonheur. Pourtant, avec ta maladresse, et je pense sans vouloir me blesser, tu me rabaisses, tu me fais culpabiliser, tu me fais sentir comme une merde. Chaque fois que tu me demandes s'il y a quelque chose qui ne va pas, que je te réponds "oui", mon coeur s'emballe, car j'hésite à t'en parler, car je sais exatement ce que tu vas me répondre.

Quand ça ne te concerne pas, celà te semble minime, tu rationnalises, envolées les émotions, à croire que tu ne connais pas ça. Une énième prise de tête dans ma tête, parfaitement inutile. Pas un seul instant tu me demandes pourquoi, ça me blesse, ou ça m'énerve, ce que je ressens. Mais tu es comme ça, et je le sais, et je n'y changerai rien, c'est normal. Tu parles de ma fragilité, que je dois passer à autre chose.

Le pire, c'est quand ça te concernes. Plusieurs fois, je t'ai dis que je ne voulais pas t'en parler, car je savais exactement ce que tu allais me répondre, et que ça m'énerverais encore plus. Tu me dirais que c'est nul, inutile, débile, exagéré, que c'était n'importe quoi. Mais tu insistais, alors je finissais par t'en parler, et tu me disais exactement ça, comme d'habitude, ce qui envenimait tout. Pas un seul moment il ne te vient à l'esprit de me demander pourquoi je te dis ça, pourquoi je ressens ça, pourquoi ça m'a blessé, même si à toi ça te paraît dérisoire. Pas un seul instant tu t'es dis que si ça me mettais dans cet état, c'est que pour moi, ce n'était pas dérisoir. Non, ce n'est que broutille. Encore un de mes trucs où je me prends la tête inutilement. Et même quand j'essaye de t'expliquer pourquoi ça me blesse, je suis face à un mur de rationnalité, incapable de comprendre, et trouve ça donc, cette fois-ci, totalement inutile ou débile que ça me blesse ou m'énerve. Ce que je ressens, est donc inutile, stupide, incompréhensible.

Au bout d'un moment, je finissais par m'en convaincre. Après tout, je suis quelqu'un avec qui il est difficile de vivre. Des fois tu me dis : "Tu te rends compte de la patience que je dois avoir avec toi? Comment je dois prendre sur moi?" Cette façon que tu as, inconsciemment, du moins je l'espère car je te découvre toujours petit à petit, de me rabaisser, de me faire culpabiliser car après tout, je te suis redevable, car tu me supportes.

Comme la semaine dernière, je ne sais plus pour quelle raison exactement, tu m'avais vraiment énervé. Petite prise de tête et haussement de voix, assez rapide, car ça ne sert à rien d'insister. Un quart d'heure après, tu me demandes s'il y a quelque chose qui ne va pas. Je te réponds par l'affirmative. Tu me demandes ce qu'il y a, et je te dis, à ton avis, par rapport à tout à l'heure, je n'ai pas encore digéré. Et tu me réponds, avec une légèreté et un geste du bras signifiant une futilité, "Ah si ce n'est que ça, c'est pas grave alors". Et tu passes à autre chose. Une belle giffle. Pour toi, comme c'est insignifiant, ça ne te traverse même pas l'esprit d'essayer de comprendre ce qui se passe vraiment dans ma tête, pourquoi je ne digère pas. C'est passé, c'était débile, alors à quoi bon rester là-dessus?

Et puis, je suis bordélique, je ne range rien, je laisse toujours traîner mes affaires partout. C'était avant, maintenant, j'essaye de faire des efforts, de ranger au fur et à mesure, mais tu ne me dis rien. Les seules choses que tu me dis, ce sont les critiques à apporter, quand tu t'énerves et que tu me dis que je fou le bordel partout, car oui, des fois, quand il rentre le soir, je n'ai pas tout bien rangé, et il n'y a que ça, qui ressort.  Du coup, je deviens anxieuse, une anxiété vive à l'approche de la fin de la journée. Je vérifie que rien ne traîne, plusieurs fois, pour être sûre. Si j'ai oublié un truc, je m'en excuse et me dépêche de le faire, s'il reste de la vaisselle, je lui dis de ne pas la faire, je vais la faire, non non, ne la fais pas, je vais la faire! Si je laisse traîner quelque chose, je te préviens, je me justifie pour quelle raison je la laisse là, et te demande si ça ne te dérange pas. Des fois, tu rentres plus tôt que prévu, et panique à bord, je n'ai rien fais! Je me suis quand même améliorée depuis, je le lui dis, et il me réponds, comme toujours un "oui, mais...". Ce fameux "Oui, mais..." qu'il me sort en toutes circonstances, même quand j'ai des nouvelles trop géniales à lui annoncer, et que j'attend en retour de la joie, ou des félicitations, ou des trucs comme ça. Mais non. "C'est cool, mais...".

Alors non, ce n'est pas un tyran même si je semble le décrire ainsi. Il ne dit rien, me dit pas de soucis, ça ne me dérange pas, blablabla. Sauf quand ça chauffe sévère entre nous, il me mets tout ça dans la gueule, tout, avec un, "mais tu te rends compte comment je prends sur moi? Pour supporter tout ça?". 

Pas de compliments, la critique est plus facile.

Maintenant, je te demande, quand j'ai envie de faire quelque chose, à plusieurs repreprises pour être sûre, si ça ne te dérange pas, si tu ne me le ressortiras pas dans la tronche dans quelques semaines? tu es sûr????

Qu'est-ce que j'aimerais en discuter avec toi, à tête reposée. De tout ça. 

Mais  toute discussion est impossible, je sais exactement ce que tu vas me dire. Tout ne va que dans un sens, c'est moi qui merde. "'C'est inutile", "C'est débile", "C'est insignifiant", "C'est exagéré". Et ça me blesserais encore plus, m'enfonçanat dans ma frustration de ne pas réussir à être comprise. Je sais que, pour quelqu'un comme toi, ce n'est pas forcément facile de vivre avec quelqu'un comme moi, qui vit et ressens des émotions fortes, qui ai une telle sensibilité émotionnelle, vu que tu es tout l'inverse. Et c'est frustrant, les petites rancoeurs commencent à s'amonceler. C'est pourquoi maintenant, quand tu me demandes si quelque chose ne va pas, je réponds juste que je suis fatiguée. Tu me trouves irritable en ce moment. Je te dis que je suis juste fatiguée. Je n'ai pas envie de parler avec toi.

Maintenant, je prends conscience de tout ça. Petite révolution interne.. Effectivement, je ne serai jamais la personne que tu aimerais que je sois, je serai toujours sensible, vivant et me nourrissant d'émotions vives. Plus de culpabilité, fini l'idole, l'Être suprême qui arrive à me supporter. On est égaux, au même niveau. Basta.

Je ne me rappelle plus ce qui nous a réuni, ce qui a fait de nous un couple, avant que tout déraille. C'est là-dessus qu'il faut que je me concentre, si je veux faire tenir ce couple, si je veux réussir à fortifier ce lien, autre que celui de notre fils.

Je ne sais plus ce qu'il reste de nous. Ce que je ressens, n'est plus que colère, rancoeur, dégoût. Ce genre de ressenti que tu sembles incapable de ressentir.

Quand je serai enfin parvenue à redevenir moi-même, quand je cesserai de me détester vraiment, et de t'idôlatrer autant, toi l'être sûprème qui me supportes, je verrai sûrement ce qu'il reste de nous. Et je n'en ai aucune idée.

Tu prens sur toi, t'es vraiment patient avec moi. Et moi, tu crois quoi, tu penses être irréprochable? Tu ne penses pas un seul instant que des fois tu me fais réellement souffrir, que tu m'énerves vraiment? Que, toi aussi tu as des défauts qui m'agacent de plus en plus? Que je dois faire preuve d'une putain de patience également?

Heureuement que je garde, dans un coin de ma tête, la certitude que tu m'aimes, (enfin, pour quelles raisons? ça reste un mystère au vu de tout les défauts que j'ai), et que tout ça, tu ne le fais pas volontairement. C'est ton caractère, tu es comme ça. Au début de notre relation c'était dur, passé un certain temps je m'y suis faite, mais au bout de plusieurs années, je ne supportes plus.

Alors pour l'instant, c'est une période de distance certaine, de mensonges, "oui tout va bien je suis juste fatiguée", de routine traînante.

 

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27 mai 2021

Nouveau carnet !

Je reprends la suite de mon 1er carnet. Oui oui! Le premier est déjà rempli à ras bord! C'est parti!

6h37 : aujourd'hui, je ne bois pas d'alcool

6h40 : ce soir, je me couche tôt

19h16 : tu m'as énervé, je sors un verre de rouge

19h27 : on s'engueule

19h38 : 2ème verre de rouge

23h32 : j'éteins enfin la lumière.

Râté !

25 mai 2021

Ce que j'aimerais te dire - La terre n'est pas plate, elle est ronde

Cette prise de conscience m'a bouleversée, complètement chamboulée, retournée. Vous savez, comme quand on regarde le même objet du même point de vue littéralement parlant, depuis des années, qu'on le connait par coeur au moindre détail près, et qu'un jour, on fait un pas de côté et, complètement décontenancé, on le voit sous un angle différent et on ne le reconnaît plus. Quelle surprise de voir ces nouvelles formes, ces nouveaux détails, ce nouvel objet.

D'ailleurs, je n'imagine même pas le choc qu'a subit le monde entier en se rendant comptant que la Terre était ronde, et non plate.

Un seul pas de côté, et tout change. 

C'est ce qui s'est passé, en une consultation d'à peine 15 minutes chez ma psychiatre.

Depuis toutes ces années, je me dis, et on me dit, quelle chance incroyable que j'ai de t'avoir rencontré, quelqu'un comme toi, capable de me supporter, moi et mes sautes d'humeurs, moi et ma bipolarité, qui me soutient, pilier sans faille, quelle chance que j'ai. Et pour ceux avec qui j'en parle, c'est la même chose : "quelle chance tu as d'être avec lui, il te soutient quoiqu'il se passe, avec ta maladie ; c'est vrai qu'il n'y aurait pas beaucoup de mec qui auraient cette patience". Et en plus de ça, tu m'aimes. Tu as voulu acheter une maison avec moi, me faire un enfant, vivre avec moi, malgré que tu saches que j'étais comme ça.

Quelle chance j'ai de t'avoir, ta patience, ta compréhension, ton aide ; quelle chance j'ai d'avoir pu rencontrer quelqu'un qui me supporte au quotidien malgré ma maladie.

Depuis des années, j'ai construit mon couple sur cette base : celle que j'ai une chance formidable d'avoir rencontré quelqu'un qui veut rester avec moi, qui m'aime en plus, malgré ce que je suis. Même quand on se prend la tête, enfin, que je te prends la tête, parce que c'est moi, avec mon caractère, mes petites tares, ma maladie, qui provoquent ces prises de tête ; donc même quand tu m'énerves, que je te déteste, que tu me blesses, je finis toujours par culpabiliser et m'excuser car tout de même, quelle chance j'ai d'être avec toi, qui me supporte.

Quelle chance j'ai, d'avoir quelqu'un qui est fort pour nous deux, si tu n'étais pas là, mon pilier, je me serais effondrée, engouffrée, j'aurais sombré. Je ne peux pas vivre sans toi, sinon, ça en est fini de moi.

Et cette céances chez ma psychiatre, a chamboulé cette dynamique, la base sur laquelle j'ai construis notre couple. Elle m'a juste dit : Et vous ne vous êtes jamais posé la question des raisons pour lesquelles il est resté avec vous? Du fait qu'il vous aime, et que tout comme il vous apporte du positif dans votre vie, vous lui en apportez aussi? Qu'il aime la personne que vous êtes, qui ne se définit pas juste dans la bipolarité? Vous savez, vous pouvez aller mal à cause de lui, et être en colère à cause de lui, pas à cause de la maladie qui vous fait dérailler, mais par ce qu'il fait ou dit, comme dans tout couple. Votre couple ne se construit pas autour de votre maladie. S'il vous aime, vous a fait un enfant, acheté une maison avec vous, c'est parce que vous lui apportez des choses de positives. Ce n'est pas à sens unique. Certes il vous soutient, mais vous savez que votre maladie ne vous définie pas? Que vous avez votre propre personnalité, votre propre caractère. Il vous a "choisie" depuis le début, pour vous, pour ce que vous êtes. Il a appris en même temps que vous votre maladie. Il a compris les difficultés que certaines fois, celà allait engendrer pour votre couple. Mais il reste avec vous car il vous aime, et que vous aussi, vous lui apportez du bonheur, du soutien.

Bam.

J'ai bâtit notre couple dans un sens unique, ma maladie, et mon Idole qui me supporte. Une culpabilité monstrueuse, un sentiment d'être une merde, un boulet qu'il traîne difficilement à son pied malgré tout. Pas un seul moment je me suis interrogée sur notre couple, en tant que couple tout simplement, comme n'importe quel couple, sur notre relation, des deux côtés, ce que l'un apporte à l'autre.

Je ne suis finalement pas juste la bipolaire qu'il supporte. Il n'est finalement pas le héro, l'Être supérieur et Suprême qui est capable de me supporter.

Je suis une personne à part entière, qui participe à l'équilibre de notre couple. Et oui, j'ai le droit d'être en colère contre lui, d'aller mal à cause de lui, non pas parce que je déraille à cause de ma maladie, mais tout simplement parce qu'il a fait ou dit quelque chose qui m'a blessé ou énervé.

Il va me falloir un temps infiniment long avant de réussir à vivre et accepter ces "nouvelles données".

Cet objet que je regardais depuis 5 ans du même point de vue, dont je connaissais tous les angles et détails par coeur, je viens de le voir avec un pas de côté, c'est étonnant, et perturbant.

Et maintenant reste à savoir, comment je le vois maintenant, mon couple, mon conjoint. Quels sentiments m'animent, maintenant que je sais, enfin, que je prend conscience, que nous sommes à égalité, tout les deux. Qu'il n'est pas le surhomme que je pensais juste et uniquement parce qu'il me supportait. Je me rends compte qu'il a des défauts, et je peux maintenant me permettre, quoi que j'ai encore des difficultés, de me dire qu'il en a, des défauts, et que je peux souffrir à cause de lui, et pas juste parce que j'ai encore déraillé.

Alors voilà, qu'est-ce que je ressens pour lui, maintenant que je ne l'idôlatre plus, du moins un peu moins, pour cet acte de bravoure qu'est de me supporter?

 

22 mai 2021

Le roman, mauvaise herbe

En fait non, je ne suis pas faite pour écrire des romans ou des nouvelles, ou des trucs comme ça, parce que à chaque fois faut décrire. Tout doit être décrit : les personnages, leur fringues, les personnalités, leurs pensées, les paysages, le p'tit cailloux gris antracithe (d'ailleurs de la même couleur d'un mascara que j'ai eu, fut un temps, et qui m'a appris le mot "antracithe" (j'étais jeune))  au bout de ma chaussure à talon aiguille (dans les romans, je marche avec des talons aiguilles de 11 cm sans tomber en avant) (vous voyez, les parenthèses...) ; ou encore (ah ah, le fameux cul entre deux chaises, le point virgule!!!) un truc genre "j'étais assise sous un arbre majestueux (genre un chêne) adossée au tronc (en vrai ça pète le dos), me reposant à l'ombre sous son feuillage épais et regardant le ciel d'un bleu vif éclatant, l'odeur de l'herbe verte fraîche plein les narines et cette jolie petite pâquerette qui se balançait au grés du vent à deux mètres de mes pieds nus vernis de ma couleur préférée, le "rouge bourgogne", et tient, une petite brise qui fait bouger les feuilles de l'arbre (j'hésite en fait avec un platane, ils sont mieux les troncs pour le dos?) laissant un rai (raie?) de lumière passer brièvement sur mon petit doigt de pied droit vernis rouge bourgogne blablabla..."

Non. L'emmerde totale. Tant pis pour ma carrière d'écrivain, j'aime pas décrire.

16 mai 2021

Une romancière en (mauvaise) herbe

J’ai toujours rêvé d’écrire, un roman, une nouvelle, j’adore écrire. Malheureusement, je n’ai absolument aucune imagination. Je lis des romans, surtout des policiers, des thrillers, les romans historiques, je n'en suis jamais assez rassasiée. J’adore ça. Et l’écriture, je rêverais d’avoir cette capacité… mais non. Dépourvue d’imagination, de “plume”, de vocabulaire, de tournures de phrases joliment écrites, je ne connais pas les codes de l’écriture (car j’imagine qu’il y a des codes, des formats, même la ponctuation; (ce point virgule, d’ailleurs, je n’ai jamais vraiment su à quoi ça servait. Est-ce parce qu’on a à moitié fini sa phrase mais qu’on ne veut pas vraiment en faire une autre? Genre le cul entre deux chaises, on le soutient (le cul) par ce point virgule? et d’ailleurs, est-ce qu’on met un espace avant le point virgule? je m’égare.). Je me suis fait une raison (fin de la phrase qui a débuté quelques lignes plus haut, avant que je me perde dans ce point virgule) (oui je fais de nombreuses parenthèses, ce qui constitue un problème majeur dans l’écriture, et que j’évoque un peu plus loin dans cette logorrhée infernale).

Je rêve toujours d’écrire un roman, mais je n’ai aucune idée de ce que je pourrais écrire, et je pense sincèrement que je n’en ai pas la capacité. De plus, ma motivation étant très fluctuante, selon les jours, les semaines, voir les mois, je ne pense pas que j’arriverai à grand chose avant… qui sait. La retraite? (en admettant qu’il en existera une d’ici là). Pourtant, je m’accroche à ce rêve. 

J’ai donc créé un blog. Ce blog, je le nourris depuis 2009, avec parfois des trous de 3 ans, des fois à la limite de deux articles par jours, bref, une belle inconstance. Je pense être à peu près la seule à le lire. Ce genre de blog, où on écrit, juste comme ça, n’intéresse plus personne. Maintenant il faut des vidéos, où les gens racontent tout pleins de trucs plus ou moins intéressants, on n’aime plus lire. En même temps, est-ce vraiment intéressant ce que j'écris? C'est tellement bordélique sur ce blog, tellement il y a de tout, sans queue ni tête. Tout ces trucs nouvelle génération ne m’intéressent pas. D’ailleurs je n’y comprends plus grand chose dans tous ces trucs de vidéos et les applications, bref, je suis de “l’ancienne génération”, celle du MSN, voir du Facebook (oui parce que maintenant, Facebook c’est pour les vieux, c'est has been).

Je suis retombée sur un vieux cahier, que j’utilisais à l’adolescence, où j'écrivais des poèmes, des textes qui me venaient à l’esprit (pas des histoires) sur des ressentis, des émotions, des instants de colère, de tristesse. Ce n’était pas très gai d’ailleurs, en les relisant, près de 20 ans après, je me suis demandée comment j’ai fais pour ne pas finir par me pendre. Je pouvais écrire des pages et des pages, sans m’arrêter. J’y écrivais également des citations d’auteurs, des poèmes, que j’aimais beaucoup.

Je continue à écrire. Car j’adore ça. J’écris pour moi, et puis c’est tout. Je crois qu’avec tout ce que j’ai écrit , j’aurais pu remplir un “bon” (mauvais) roman de 300 pages sans queue ni tête.

Vous savez, quand on offre un roman pour un anniversaire , on écrit un petit mot sur la première page du livre genre “Bon anniversaire !!! blablabla”; ou encore, une carte postale, une lettre (parce que oui, en 2021, il m’arrive toujours d’écrire des cartes postales et des lettres. Si si! Je vous l’ai dit! J’adore écrire). Au début, c’est le vide intersidéral. On commence par un “Bon anniversaire!!!!....” ou par un “Coucou” ou “Bonjour” enfin vous voyez, puis gros blanc. Et une fois ces mots absolument banals passés, j’ajoute une petite phrase en plus (parce que juste “Joyeux Anniversaire, bisous job expédié” ou “Bonjour je t’écris juste pour te dire bonjour tout va bien et toi?”, mon cerveau se vide, ou s’emballe, je ne sais pas, en tout cas je me retrouve à écrire, et écrire, à avoir plein de choses à dire, sur l’anniversaire, ou sur ma carte postale qui, des fois, n'ont aucun rapport, du coup, bah tant pis je l’enverrai dans une enveloppe cette carte postale, et encore je finis tout en bas à droite d’une écriture microscopique avec un “bisous”, “à tous” s’il reste de la place.

Je viens de finir une nouvelle de Stephen King, “1922”. Il est 7h du matin, samedi, et il m’a pris juste l’envie d’écrire que j’aimais écrire et que j’adorerais écrire un roman mais que malheureusement je n’en ai pas la capacité (ou peut-être la volonté? la motivation?). 

Et je m’arrêterai là, coupée dans mon élan par mon conjoint qui s’est levé, suivi de mon fils de 1 an qui est en train de boire difficilement son biberon du matin avec une narine et demi de bouchée (survie une demi narine, vous l’aurait compris, qui n’est pas bouchée). Ce qui demande, mine de rien, une nette motivation étant donné le peu d'air qu'il réussi à sniffer, mais clairement, il a la dalle!

Des fois je me dis que je pourrais prendre mon blog, faire un copier-coller de tout ce que j’ai écris, et hop, un livre. Sauf que c’est pas ça la vie, ah ah! Et en plus, il y a tellement de choses différentes que ça n’aurait ni queue ni tête (en plus je me répète, cf. ci-dessus, pour ceux qui n'ont pas décroché). Des fois, sur un petit carnet (parce que ça passe souvent par un petit carnet d’abord), j’écris un rêve que je fais, qui ressemble à un début d’histoire, mais je me réveille avant la fin. Alors, je le retranscrit, me disant que je pourrais inventer la suite. Mais mes rêves ont plus d’imagination. Vous saviez que quand on rêve, tous les sons sont au même niveau? Qu’on murmure ou qu’on crie, c’est pareil, ça ne fait pas plus de bruit. C’est comme le nez et les oreilles qui continuent de grandir toute la vie, ça n’a rien à voir, je sais, mais il y a des choses, comme ça, que je trouve surprenantes.

Bon vous comprenez maintenant pourquoi je ferais une piètre romancière? Je n’ai rien à raconter, pas d’histoire à créer, aucune imagination, l’autobiographie nombriliste, non merci (j’en parle assez à ma psy, de ma vie), juste j’écris. Qui a envie de lire un “juste j’écris”? Je crois que même moi je ne vais pas me relire. Mais c’est comme la première gorgée de café du matin (pour ceux qui aime le café), qui est limite orgasmique (ooooh oui cette première gorgée!). Eh bien là, je viens de vivre un sacré bon moment à écrire (en plus, je suis en plein café, mais ma première gorgée est passée depuis longtemps). Et je n’ai plus envie d’arrêter, mais bon. Il va bien falloir, car mine de rien, j’ai une vie bientôt finis mon café froid et envie de faire pipi, et essayer de finir un de mes niveau de petit jeux dans mon téléphone genre ont fait péter des rangées de joyaux...). Je dois aussi me resservir du café, prendre mes médicaments (oui, je prend des médicaments, d’ailleurs, tous les matins et tous les soirs pour toute la vie, si vous voulez le savoir, même si vous ne voulez pas le savoir, c’est pas grave ça me permet d’écrire encore un peu). Vous noterez que je mets de nombreuses parenthèses partout, d’ailleurs des fois je mets des parenthèses dans des parenthèses, ce qui fait que je me perds un peu dans toutes ces parenthèses et ça doit être insupportable à lire! D’ailleurs je n’aime pas les romans, où les écrivains font de très longues phrases, avec pleins de virgules, de parenthèses, de points virgules et tout, parce qu’on s'y perd.

J’ai tout de même cette capacité à écrire beaucoup, sur rien. Mon copain en se levant ce matin me demande ce que j’écris, en me voyant taper frenétiquement sur mon clavier d'ordianteur. Je lui dit que j’écris que j’aimerai écrire des romans mais que je ne suis pas capable d'écrire un roman. Il voit que je continue à écrire, il me dit, “tu écris toujours, tu écris quoi là?” je lui réponds que je parle des points virgules. Même question un peu plus tard, c’était le moment où je parlais des parenthèses. Il me dit, “effectivement, t’es pas prête d’écrire un roman”. Je lui dis, oui justement, c’est ça que je suis en train d’écrire.








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